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FORMATION À DISTANCE ... OU LA GRANDE BRADERIE DE LA FORMATION ?

Publié le 2020 M05 2 17:00

Le ministère du travail, via Pôle Emploi sommé d'obéir, s'est jeté dans la brèche du confinement pour démultiplier les formations à distance pour les chômeurs. Les conseillers Pôle Emploi ont été sommés par leur hiérarchie, envoûtée par les outils numériques, de faire la promotion de plus d'une centaine de ces formations, qui ont l'aval du gouvernement pour la délivrance de diplômes. Tout cela vous pouvez le retrouver sur le site de Pôle Emploi.

Il y a des formations pour lesquelles le chômeur devra faire en plus un stage en entreprise. Sous quel statut ? Mystère ... Et il y a celles pour lesquelles aucune période en entreprise n'est nécessaire, si l'on en croit le tableau que tout le monde peut consulter. Voici quelques exemples. Attention, ce n'est pas une blague ... mais un foutage de gueule.

Obtenir sans période en entreprise, uniquement par des cours à distance : CAP boulanger (700 heures), CAP fleuriste (400 heures), BP aménagements paysagistes (550 heures), CAP maintenance des véhicules voitures particulières (700 heures), Diplôme d'état accompagnant éducatif et social (525 heures), etc.

Obtenir avec période en entreprise + cours à distance : CAP pâtissier (700 h et 4 mois en entreprise), CAP électricien ( 700 h et 4 mois en entreprise) CAP coiffure (700 h et 3 mois en entreprise), Conseiller en insertion professionnelle (690 h et 3 mois en entreprise), etc.

Tout cela participe du grand mouvement de déqualification de la force de travail. La logique des compétences est le fil directeur de cette offensive. On la retrouve aussi au cœur de l'école numérique.

Ce confinement aura donc été pour le secteur de la formation, initiale et professionnelle, un immense terrain d'expérimentation, pour accélérer ce mouvement.

Au bout, on y retrouve les grandes entreprises capitalistes que sont les constructeurs d'outils numériques et de logiciels, avec la chaîne des sous-traitants payés une misère, la recherche effrénée des composants rares, les guerres pour y accéder, les déforestations, la débauche de dépense d'énergie, et un long etc.

Bref, le jour d'après qui ressemblerait furieusement au jours d'avant ... si nous restons beâts devant la numérisation à outrance, qui rime avec déshumanisation. Pour nous réduire à de pures forces de travail produisant du profit.