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CHAOS SANITAIRE. LE SOCIAL N'EST PAS EN RESTE ...

Publié le 2020 M03 25 08:33

Au conseil départemental, le tableau des mises en danger multiples et délibérées est aussi de mise. Certains agents sont encouragés à rompre le confinement, pour se rendre dans les familles d'accueil, sans aucun matériel de protection. Au même moment, le corps médical dans sa totalité, lance des alertes sur l'impérieux besoin de respecter le confinement.

Ces mêmes familles d'accueil sont confinées depuis bientôt deux semaines avec plus d'enfants que leur agrément ne leur permet. Le conseil départemental force, depuis des années, l'accueil dérogatoire des enfants fragiles ou présentant des troubles du comportement sévères dans ces familles. Elles vivent des moments très complexes aux conséquences multiples qui seront à évaluer à l'issue de cette crise. Ces conséquences seront de la responsabilité de l'employeur, pas de la maladie.

A la maison de l'enfance et de la famille de Golbey c'est la débandade. Le confinement "protecteur" est censé régner dans toute l'institution. Mais les enfants peuvent se croiser et se contaminer, faute de moyens et de travailleurs sociaux suffisants. Les locaux ne sont plus aux normes depuis trop longtemps. Des "renforts" de personnel parfois sans formation, sans aucun moyen de protection sont envoyés dans certains groupes de touts petits ou de préados. Des étudiants ou des stagiaires de l'institut régional du travail social sont appelés à la rescousse pour donner un coup de main. Toujours sans protection.

Dans un autre service des mineurs réfugiés de moins de 16 ans, là aussi en confinement, les jeunes sont pris en charge par un personnel en sous effectif (1 pour 19 jeunes !) et sans aucune protection de nouveau. Les cadres, pourtant valides, donnent des consignes, encouragent le personnel de terrain à aller au front mais restent bien à l'abri par télétravail.

Cette crise révèle une situation pathétique des services sociaux départementaux qui n'a rien à voir avec la fatalité. Nous dénonçons le délabrement de nos conditions de travail depuis de nombreuses années. Depuis la fin d'année 2019, le directeur général des services avait d'ailleurs assumé que nous étions en mode "dégradé"!

Le spectacle national dramatique qui nous est donné à voir depuis 2 semaines n'est pas non plus le fruit du hasard mais la conséquence de choix politiques passés et actuels.

Qu'il s'agisse de l'hôpital, des EHPAD ou des services sociaux, ces choix politiques ont un mécanisme et un objectif commun : casser les services publics. Les manques de moyens sont des choix managériaux délibérés. Les responsables de ces choix ont du sang sur les mains. Ils doivent maintenant rendre des comptes.