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VOSGES, JE VOIS LA VIE EN TOURISME ...

Publié le 2020 M01 26 11:14

Nous dressons parfois un tableau de la politique départementale pour les agents mais aussi pour ses habitants. Depuis quelques années, le Conseil départemental oriente et développe une remarquable politique touristique. Cette orientation se veut moderne et tournée vers le respect des habitants et du territoire, en surfant par exemple sur la relocalisation de biens alimentaires et manufacturiers (textile notamment).

Mais derrière le vernis que Mr VANSSON entretien avec le célèbre « Je vois la vie en Vosges », la réalité est celle d’un territoire qui se transforme en foire à touristes. Puisque les Vosges deviennent une marque, nous devenons un produit. Et donnons une autre définition de l’industrie touristique : Faire venir des gens qui seraient mieux chez eux dans un endroit qui seraient mieux sans eux.

Pendant ce temps là, l'action sociale, budget et missions en théorie prioritaires dans un département, sont au plus mal. Ne parlons pas de l’état psychique et physique de ses agents... Mais ça on s’en fout. Parce que ce qui compte, c'est l'économie touristique, et ce qu’elle rapporte en profits et image. Quand même plus glamour de causer hôtellerie de luxe et spa, que des vieux et des pauvres qui touchent le RSA ! Ne parlons pas de l'enfance maltraitée qui l'est souvent davantage quand intervient l'aide sociale à l’enfance. Politique hors sol pour une action hors contrôle.

Mr VANSSON préfère consulter les courbes du nombre de vacanciers qui viendront s’ambiancer à la Schlucht, et ses presque 4 millions d’euros des travaux rien que pour la maison de la forêt... Sur les deniers des contribuables vosgiens qui seraient bien avisés de se demander à quoi, et à qui va réellement servir cet argent ?

Le bétonnage qui s’accélère est paré de toutes les vertus : réhabilitation, qualité de vie, équilibre territoriaux, développement de l’emploi bien entendu. L'arme fatale grâce à laquelle tout est permis, tout est possible... Tout cela nous est chanté sur un air de concertations citoyennes dont on a pourtant pas vu la couleur. Cet élan de démocratie nous filerait presque la chair de poule.

La novlangue est « en marche ». Mais derrière, c’est bel et bien le pognon qui doit ruisseler en retour de l'investissement opéré avec de l'argent public. Y'en aura pas pour tout le monde. Pas pour la cohorte d’emplois précarisés que génère l’industrie touristique et les salaires indigents qui vont avec.

Ça va cracher pour les promoteurs immobiliers, les producteurs de fausse neige, les vendeurs de skis et distributeurs de bouffe industrielle. Ça ruisselle pour tous les profiteurs qui dégueulent leurs promotions sur le rêve bon marché. La destruction des lieux et du bien commun ? Pffff, ça ne rapporte rien.

La bourgeoisie locale comme celle d'ailleurs ne comprend que cela, ne vit que pour cela, ne veut que cela : le profit. Les autres ramasseront les miettes. Si nous laissons faire ça, et le reste, c’est en miettes que nous serons.