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LIBERTÉ ET PLURALITÉ D’EXPRESSION SONT EN DANGER

Publié le 2019 M04 26 15:42

Certaines et certains d'entre vous ont peut être constaté ces derniers temps que leur revue ou leur journal préféré n'était pas disponible chez le kiosquier habituel. Les salariés de Presstalis sont, de nouveau, en lutte. En voici l'explication, extraite de la déclaration de la fédération CGT du Livre et du Papier-Carton en date du 15 avril 2019.

La loi Bichet de 1947 est un des piliers de notre liberté d’expression. Ce gouvernement projette donc de modifier profondément cette loi qui a permis le pluralisme de l’information et la péréquation des coûts en mettant au même niveau de diffusion un titre détenu par un milliardaire de l’armement ou de la finance et un quotidien n’ayant comme principale ressource que la fidélité de ses lecteurs.

Au nom de la sacro-sainte libre concurrence et d’artefacts tous plus mensongers les uns que les autres, la Macronie va enfin satisfaire le principal désir des gros éditeurs et de leurs propriétaires : ne plus mutualiser leur distribution avec celle des « nécessiteux » de l’écrit en se débarrassant enfin de cette gangue historique socialisante d’un système coopératif où chacun compte pour un, quel que soit son poids économique.

Pour les libéraux macronistes :

- La liberté c’est l’ubérisation de la distribution et la précarité de celles et ceux qui distribuent au quotidien l’information écrite aux citoyens.

- La liberté c’est de faire entrer sur ce marché essentiel de la démocratie, Amazon, Google, Hoops et autres champions de la distribution de boites de conserve et d’aspirateurs.

- La liberté, c’est aussi de laisser le choix au kiosquier, à la plate-forme numérique, au diffuseur de sélectionner les titres qu’il veut vendre et peu importe si ce choix est basé sur des raisons économiques ou des motifs idéologiques.

Le combat entrepris par les travailleurs de Presstalis va plus loin qu’une simple lutte pour leur emploi et leur statut. C’est un combat pour notre démocratie qui a besoin de la liberté de la presse dans toute sa pluralité et de sa diffusion sur tout le territoire pour en permettre l’accès à tous les citoyens. Les Presstalis ouvrent donc la voie à une lutte qui impose un rassemblement large des travailleurs de la presse et des citoyens.

Il revient aux forces sociales et progressistes de ce pays de se rassembler et d’imposer une loi Bichet plus forte et adaptée aux nouveaux moyens d’informations, le renforcement des coopératives existantes par la contribution financière des géants du numérique et de la publicité et le paiement des sommes dues par les gros éditeurs.