Histoire

VOSGIENNE, INSTITUTRICE, SYNDICALISTE, FEMINISTE ET ANARCHISTE : JULIA BERTRAND

Publié le 2019 M01 4 16:29

Nous avons reproduit ci-dessous des extraits de sa biographie du Dictionnaire Maitron du mouvement ouvrier :

Julia BERTRAND, est née le 14 février 1877 à Gemaingoutte (Vosges), et décédée le 25 mars 1960 à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine).

Militante féministe, libre-penseuse, antimilitariste et anarchiste, Julia Bertrand fut institutrice dans les Vosges à Gerbépal en 1905, à Biffontaine en 1907, puis à Charmois-l’Orgueilleux fin 1912. En 1905, elle fut déléguée de Gerbépal au congrès international des libres-penseurs tenu au Trocadéro, à Paris, du 3 au 7 septembre.

Syndicaliste, elle participa activement à la mise sur pieds de la Fédération nationale des syndicats d’instituteurs (FNSI), fondée en 1905 et liée à la CGT.

À partir de décembre 1906, elle collabora à La Femme affranchie, « organe du féminisme ouvrier socialiste et libre-penseur » fondé en août 1904. En juillet 1911, elle hébergea Gabrielle Petit qui se trouvait alors sans toit, dans son logement de fonction à Biffontaine. Cela fit quelque scandale, et comme Julia Bertrand participait, en parallèle, à la campagne de la CGT contre la guerre, elle subit un déplacement disciplinaire. Fin 1912, elle se retrouva donc à la Neuve-Verrerie, près de Charmois-l’Orgueilleux, un village isolé de 61 habitants.

Elle présida une séance du congrès de Chambéry de la FNSI, les 16 et 17 août 1912. En août 1913, elle assista au congrès national anarchiste, à Paris. Dans Le Libertaire du 14 avril 1914, elle participa, avec Madeleine Pelletier et Pierre Martin, à une controverse sur la question du suffrage des femmes. Elle s’y affirma résolument favorable.

Après que la guerre eut éclaté, Julia Bertrand fut arrêtée le 21 août 1914 sur dénonciation du maire de Charmois-l’Orgueilleux. Internée dans un camp de suspects à Aurec (Haute-Loire), en application du carnet B, elle fut révoquée le 11 octobre 1914. La FNSI protesta et, le 18 février 1915, La Bataille syndicaliste annonçait sa mise en liberté. Cependant, en 1916, le conseil départemental confirma sa révocation.

En 1919 elle était membre du groupe Vie pratique et communiste de Paris. Les 14 et 15 novembre 1920, elle participa au Ier congrès de l’Union anarchiste (UA), à Paris.

Dans l’entre-deux-guerres, elle collabora régulièrement au Libertaire où elle défendit notamment la cause féministe. En juin 1924, elle s’éleva contre la vivisection ; en juillet 1928, elle défendait la libre-pensée et soutenait les objecteurs de conscience.

En octobre 1925, grâce à une campagne de la FNSI, elle fut enfin réintégrée comme institutrice en Seine-et-Oise.

Durant la Deuxième Guerre mondiale, elle perdit tout ce qu’elle possédait dans le bombardement que subit Noisy-le-Sec où elle habitait.

Références : http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article153818, notice BERTRAND Julia, Marie, Victorine par Jean Maitron, notice complétée par Guillaume Davranche et Rolf Dupuy, version mise en ligne le 6 mars 2014, dernière modification le 22 décembre 2018.