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AFPA : OU COMMENT DéTRUIRE LA FORMATION PROFESSIONNELLE

Publié le 2018 M10 10 10:07

L’Afpa, tout le monde connaît. On sait moins que cette association, née en 1966, est directement le produit du rapport des forces en faveur du salariat à la Libération. Son ancêtre, les Centres de formation professionnelle sont issus d’un décret signé le 9 novembre 1946 par le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Ambroise Croizat.

La formation professionnelle a de tout temps été un enjeu majeur de la lutte entre le patronat et les organisations syndicales, et même bien avant que celles-ci ne soient légalisées. L’AFPA permettait de retirer du pouvoir aux patrons sur cette question. Car une formation de qualité donne au salarié un certain pouvoir face à l’employeur et aux syndicats pour défendre et améliorer les conventions collectives et notamment les salaires.

C’est cette guerre de classes qui est derrière toutes les réformes de la formation professionnelle depuis quelques décennies. Elles visent à s’attaquer aux qualifications pour leur substituer les compétences, qui se réduisent à former sur des actes et des postes de travail bien particuliers et adaptés aux seuls besoins du patron.

C’est pourquoi l’AFPA, qui disposait d’une place centrale dans le paysage de la formation professionnelle, a subit d’incessantes coupes sombres en termes de budgets : moins de moyens pour former, moins de personnels, suppression de missions, etc.

La formation professionnelle est un marché et l’AFPA a été obligée de s’y soumettre. Avec les effets catastrophiques à la clé pour les salariés et les chômeurs. De 11000 salariés à 9600 en équivalent temps plein en 2008 puis à 5600 en 2019 après l’annonce d’une nouvelle coupe de 550 emplois ! Dans les Vosges, il n’y a plus que deux centres, Epinal et Remiremont. Le risque est réel de voir un des deux fermer …

Moins de trains, d’écoles, de collèges, de bureaux de poste, de centres de formation, etc. Il va rester quoi à la fin ? Une réserve où des touristes visiteront des « vosgiens» et seront servis dans des stations thermales et autres villages typiques par des salariés ultra-précarisés ?

Les centres AFPA entrent de nouveau dans la lutte, cette question concerne les syndicats de toutes les branches.