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AVSEA : ENTRéE DANS L'èRE DE LA MACRONIE ?

Publié le 2018 M10 3 09:16

Après plusieurs semaines de négociations entre la direction de l'AVSEA et les syndicats représentatifs dans l'association CFDT et CGT (le syndicat FO n'ayant plus de délégué syndical), le moment est venu pour les salariés de décider.

La direction s'est précipitée sur les nouvelles dispositions du Code du Travail issues des ordonnances Macron: proposer un accord d'entreprise qui dérogera, en pire bien entendu, à la convention collective (CCN 66). Et cela essentiellement sur le temps de travail, un des nerfs de la guerre des classes.

Voici en résumé ce qui est ressorti de cet accord signé par la CFDT et refusé par la CGT :

- travailler jusqu'à 48 heures dans une semaine isolée et jusqu’à 46 heures sur 12 semaines consécutives. Alors que la CCN 66 a réduit le temps à 44 heures par semaine sur 4 semaines consécutives

- un délai de prévenance de 7 jours calendaires et évoluant selon la loi contre 7 jours ouvrés selon la CCN 66

- jusqu'à 12 heures par jour sans justification à apporter contre 10 heures maximum

- possibilité d'une modulation de 0 heure une semaine et 48 heures la suivante. Alors que la CCN 66 a fixé dans l'annualisation un plancher à 21 heures et un plafond à 44 heures

- les garanties minimales de la CCN 66 pour les temps partiels sont aussi explosées; Par exemple lorsque cet accord prévoit que le nombre d'interruptions non rémunérées par jour, la durée maximale d'interruption entre 2 prises de service et l'amplitude quotidienne maximale ... ne soient pas fixées !

Le syndicat CGT a fait de gros efforts d'information des salariés en allant à leur rencontre pour expliquer sa position. Aux dernières élections, aucun syndicat présent, CGT, FO et CFDT, n'avait obtenu plus de 50 % des suffrages exprimés. La CFDT avec plus de 30 % a pu signer cet accord régressif. Mais pour qu'il puisse s'appliquer il faut qu'un réferendum soit organisé. Ce sera à l'employeur de le faire.

Le syndicat signataire de cet accord s'est fendu d'un tract mémorable où il explique en gros que grâce à sa signature les salariés pourront s'exprimer ! Ce qui revient à dire : on signe un accord pourri mais ce sont les salariés qui décideront... Les syndicats n'étant donc plus là pour défendre et améliorer les conventions collectives mais à la botte du patron pour les faire exploser. Demain ce syndicat demandera aux salariés s'ils sont d'accord pour faire baisser le SMIC !

Pour que l'accord s'applique il faudra qu'au moins 50 % des suffrages exprimés par les salariés y soient favorables. Maintenant s'engagent les discussions où la direction et son "annexe syndicale" feront face au syndicat CGT pour les modalités de ce référendum : quelle sera la question qui sera posée aux salariés, etc.

Le vote final sera un indice, parmi d'autres, de l'état d'esprit de salariés confrontés directement à la violence des ordonnances Macron contre le Code du Travail.