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DéVELOPPER LES CENTRES DE SANTé

Publié le 2018 M07 2 18:33

La médecine libérale, avec son médecin exerçant seul et gérant sa « petite entreprise » est en crise. Cela ne correspond plus aux aspirations des jeunes médecins, qui souhaitent de plus en plus travailler en groupe, et sur des activités variées. D’où le développement de « maisons de santé » ou « maisons médicales » pluridisciplinaires, notamment en milieu rural, avec des communes qui font tout pour qu’elles ouvrent, frappées par la désertification rurale. Ce qui est le cas des Vosges. Mais ces maisons de santé ne sont que le prolongement des cabinets de groupe où plusieurs médecins de regroupent. Les sommes investies par les mairies sont importantes, sans garantie que des professionnels s’y installent ou y restent. La réalité est que ces maisons de santé ne répondent pas à la crise présente.

Les « centres de santé » sont des structures plus adaptées pour organiser les soins primaires, où les différents professionnels sont salariés. Ces centres sont rattachés à un hôpital, une mutuelle, une collectivité territoriale. Les professionnels n’ont alors pas la responsabilité de la gestion, ce qui les laisse se concentrer sur les activités de santé. Ces centres peuvent alors plus facilement adapter leurs activités, organisations, etc. à la population à laquelle ils s’adressent. Le syndicalisme doit aussi y jouer un rôle, en portant les besoins, en faisant prendre en compte les conditions de travail et de vie des populations.

Le faible développement de ces centres tient d’abord à un frein idéologique : le libéralisme est très prégnant dans la formation des médecins en France. Il y a ensuite le frein du paiement à l’acte, mode inadapté aujourd’hui face à la nécessaire coordination des différents professionnels. Un financement global peut répondre aux évolutions nécessaires du mode d’exercice de la médecine, en particulier pour les soins primaires.

(Ce texte est une synthèse d'une note de la Confédération Générale du Travail, récemment publiée, en vue de son prochain 52 ème congrès confédéral, en 2019 à Dijon).