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NAO à LA TRANE : ARMISTICE

Publié le 2018 M06 16 06:43

Dans un précédent article nous rendions compte du résultat de la consultation des salariés, réalisée par le syndicat CGT de la Trane sur les revendications à défendre pour ces négociations annuelles obligatoires 2018 (NAO). Il en ressortait un niveau revendicatif très offensif. Le syndicat a respecté son mandat et a défendu ces revendications dans les négociations : 100 € brut par mois en augmentation ; 32 h par semaine sans baisse du salaire ; prime de 1000 € pour tous. Mais en face, bien entendu, la direction avait d’autres propositions … Au bout de la dernière réunion de négociation, la direction a proposé : en augmentation générale 60 € pour les ouvriers/employés et 56 € pour les techniciens/agent de maîtrise ; un accord d’intéressement de 500 €/an ; une retraite progressive.

Nous pouvions nous attendre à un conflit. Mais les salariés, dans des assemblées générales massives, en ont décidé autrement : les propositions de la direction ont été acceptées par 76 % des salariés.

Quelles peuvent en être les raisons ?

Il y a d’abord ce qui relève de ce qui se passe à l’extérieur de la Trane :

- un climat général qui n’est pas à des luttes offensives victorieuses ;

- un contexte local avec l’absence de grèves sur les salaires qui pourraient jouer un rôle d’entraînement.

Ensuite, pour ce qui relève de la Trane elle-même :

- le poids du long conflit de 5 semaines de 2011 sur les salaires, ayant abouti à une hausse égale à ce que la direction a dû lâcher ici sans grève ;

- un rapport de force jugé insuffisant par les salariés pour pouvoir aller gagner les 100 € de hausse générale et la prime de 1000 €.

La pression interne exercée par les salariés (réponse massive au questionnaire CGT, discussions sur les revendications, débrayages réguliers et massifs des salariés Trane en défense de la convention collective métallurgie et contre la casse du Code du Travail, etc.) ont permis une hausse des salaires à un niveau que la direction espérait ne pas devoir arriver.

Il ne s’agit donc pas d’une défaite, mais d’une victoire acquise en économisant les forces.

Une minorité non négligeable, 24 %, ont refusé cet accord, l’estimant trop loin des revendications initiales. C’est un point d’appui pour la CGT. Mais la grande majorité a refusé de s’engager dans une grève, pour le moment. Il s’agit donc d’une « partie remise », et notre syndicat CGT a les moyens, en continuant à être offensif sur les revendications, en impliquant les salariés, à le faire comprendre à la direction. A bientôt alors !