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LE PRéFET DES VOSGES ARRêTE PUIS EXPULSE VERS L'ALBANIE UN DANGEREUX BéBé DE 4 MOIS

Publié le 2018 M05 11 14:01

L'Albanie est un de ces pays que le gouvernement de la République française considère comme suffisamment sûrs, pour décider d'y expulser des personnes de nationalité albanaise qui ont voulu demander l'asile en France, phare des droits humains, paraît-il. Pays tellement sûrs que l'Union européenne refuse de les intégrer dans ... l'Union européenne ! Rackets, mafias, corruptions, etc. sont des situations, c'est bien connu, particulièrement sûres !

La famille Gjata, composée des deux parents, d'un garçon de 14 ans, de deux sœurs jumelles de 10 ans, tous scolarisés, et d'une petite sœur de 4 mois, vient d'être expulsée ce matin du centre de rétention de Metz vers Tirana en Albanie, d'où elle était venue car en danger de mort. D'abord à Epinal, puis en hôtel à Gironcourt sur Vraine depuis janvier, hier soir à 18 h, la police est venue arrêter la famille pour l'amener à Metz.

Sachant qu'elle a déposé un recours, certes non suspensif, auprès de la Cour d'appel administrative de Nancy contre la décision leur refusant l'asile. Cette famille devait, avant une éventuelle expulsion ce matin, avoir le droit de faire le point sur sa situation, dès 8 h du matin, et de voir le juge des libertés et des détentions. Le préfet des Vosges a alors décidé que le droit, dont il est le garant, si on a bien compris à quoi pouvait bien servir un préfet, qu'il n'en a avait rien à faire. Dès 6h30 du matin, la famille est amenée à l'aéroport. Le bébé de 4 mois, 39 ° de fièvre hier soir lors de son arrestation, ira voir un médecin à Tirana ... ou pas. On s'en fout ! Voilà ce que les actes du représentant de la République française dans les Vosges veulent dire.

Nous l'avons échappé belle, grâce au préfet des Vosges, nous voilà débarrassés d'un dangereux bébé de 4 mois. Et peut-être bien que le bébé a simulé sa fièvre, a dû se dire le préfet des Vosges...

Un rassemblement a été organisé par l'association Asile Accueil 88 ce vendredi à 15 h devant la préfecture des Vosges, avec la présence d'une cinquantaine de personnes. Les trois enfants scolarisés ne reverront plus leurs copains et copines des Vosges, mais leurs parents auront eu le privilège de pouvoir constater le degré de respect par un représentant d'un Etat, qui se targue de sa célèbre devise Liberté, Egalité, Fraternité, de l'application de la Convention européenne des droits de l'homme et de la Convention internationale des droits de l'enfant.

Que conclure ? Que les migrants ne sont pas nos ennemis, que nous devons continuer à l'affirmer dans notre quotidien notamment par des actes concrets de solidarité. Et que nos véritables ennemis sont les puissants, qui concentrent les richesses, les moyens de production, les moyens de répression, et qui veulent nous imposer un retour en arrière de plusieurs décennies en termes de droits sociaux et du travail, d'expression, etc. Nous sommes la solidarité et la fraternité. Ils sont tout l'inverse.