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CARREFOUR: ON LâCHE RIEN OU ON PREND LES MIETTES ?

Publié le 2018 M04 14 11:50

On se souvient de la grève historique du 31 mars chez Carrefour, contre les milliers de suppressions d'emploi et pour de vraies hausses des salaires. Les négociations annuelles obligatoires ont démarré juste après cette grève.

Et voilà ce que la direction propose aux syndicats : accompagner le plan Bompard destiné à laminer les emplois; verser un ridicule 1.5% en plus sur les salaires, très très loin de ce que l'on pourrait faire avec les centaines de millions de bénéfices réalisés s'ils étaient distribués à celles et ceux qui en sont à l'origine, et pas aux parasites d'actionnaires ; une rallonge sur la participation pour la porter à 350 euros; 150 euros de bons d'achat ... (mais attention, en fonction du temps de travail: un cadre non gréviste le 31 mars aura ses 150 euros, mais la caissière à temps très très partiel aura 70 euros !).

FO (syndicat majoritaire) et CFDT semblent se satisfaire de tout cela.

La CGC et la CGT ont annoncé qu'elles ne signeraient pas. Jugez-en : au même moment, on apprend que les plus hauts dirigeants de Carrefour ont décidé d'augmenter pour eux-mêmes entre 2016 et 2017 leur partie variable du salaire : plus 80 % !! De 9.4 millions à 16.8 millions. Tout cela vaut bien des bons d'achat en compensation pour les gueux, n'est-ce pas ? Ou pour acheter la paix sociale ?

FO et CFDT vont-ils signer ces résultats indignes d'une grève historique ? Les salariés vont-ils accepter cette humiliation ? Parce que l'année prochaine, après les bons d'achat, ce sera quoi ? un filet garni de produits bio ?

La CGT appelait de nouveau à la grève les 13 et 14 avril. A Jeuxey, notre syndicat CGT n'a pas réussi à convaincre les salariés, pour le moment. Pas facile lorsque l'on est face à une direction qui fait son boulot pour casser l'action du syndicat qui défend les intérêts des salariés contre les actionnaires. Jusque-là, rien de plus normal : un syndicat face à une direction qui obéit aux actionnaires.

Mais pas facile aussi pour notre syndicat quand il doit en plus faire face à une autre force qui se fait le relais de la direction pour empêcher les salariés de se mobiliser de nouveau. Une force que l'on aurait plutôt souhaité voir rester de ce côté-ci de la barricade de caddies, comme lors de ce 31 mars 2018 mémorable.