Nous voulons tout !

MOINS DE TRAVAIL, PLUS DE SALAIRE !

Publié le 2018 M03 3 17:07

Réduire le temps de travail est un des fils rouges de l’histoire des luttes des salariés et du mouvement syndical dans tous les pays. Aujourd’hui, en France, seuls les organisations syndicales CGT (Confédération Générale du Travail), CNT (Confédération Nationale du Travail) et l’Union Syndicale Solidaires revendiquent une baisse du temps de travail. Sans baisse des salaires bien entendu, plus encore, avec une hausse des salaires. Car la hausse les salaires est un autre des fils rouges de l’histoire des exploités. Nous n’avons à renoncer ni à l’une, ni à l’autre de ces revendications fondamentales. D’où le titre de cet article. Ce titre est un mot d’ordre d’ouvriers italiens des grandes usines à la fin des années 1960-début des années 1970.

Ras-le bol des discours soi-disant « réalistes », des choix que nous devrions faire pour ne pas « trop en demander ». Les capitalistes se gavent de notre travail, utilisant le chômage de masse comme moyen de pression pour nous faire accepter bas salaires, contrats précaires, protection sociale dégradée, services publics fermés, et conditions de travail qui nous ruinent la santé et qui tuent.

Les métallurgistes en Allemagne, qui avaient déjà été à la pointe de la bataille pour les 35 heures dans ce pays au cours des années 1980, viennent de lancer un pavé dans la gueule de tous les admirateurs du « modèle allemand » qui les fait tant rêver, en revendiquant le droit à travailler 28 heures. Apparemment, ce rêve n’est pas partagé par tous en Allemagne … Ces larbins des capitalistes sont devenus muets !

L’Union Locale CGT d’Epinal s’inscrit dans la campagne de toute la CGT pour une réduction du temps de travail à 32 heures par semaine. Mais ce n’est qu’un début, car c’est encore trop, produire pour produire, produire du profit pour une minorité, n’est pas le but d’une vie pleinement humaine !

Revendiquer plus pour les salaires, c'est indiquer clairement que nous devons nous attaquer aux profits. D'immenses besoins sont encore à satisfaire pour des millions de personnes (nourriture de qualité, loisirs, logements, éducation, culture, soins, transports collectifs, etc.), mais cela ne veut pas dire que nous rêvons de continuer à travailler sans aucun sens, ni  produire des biens de mauvaise qualité que l'on transforme ensuite en déchets.

Revendiquer moins de travail, c'est aussi se donner les moyens de se poser la question et de la résoudre dans l'intérêt collectif : que faut-il produire ? où faut-il le faire ? avec quoi ? et à quelles conditions ? Nous voulons moins de travail pour cesser d'obéir à la minorité qui nous exploite, et nous émanciper du capitalisme. 

Moins de travail, plus de salaire : c'est la feuille de route résumée de la lutte des classes.

(photo: banderole UL CGT Epinal à la manifestation du 1er mai 2017 à Saint-Dié-des-Vosges)